Bukavu, RDC – Dans les rues vallonnées de Bukavu, un nom revient souvent lorsqu’on parle d’environnement et d’innovation sociale : Nicole Menemene. À seulement 30 ans, cette entrepreneure congolaise s’est imposée comme l’une des figures montantes de la valorisation des déchets plastiques dans l’est de la République Démocratique du Congo.
Fondatrice d’une petite entreprise locale de recyclage, Nicole a lancé son activité après avoir constaté l’ampleur de la pollution plastique dans sa ville natale. « Chaque jour, des tonnes de sachets et de bouteilles jonchent les rues ou finissent dans le lac Kivu. J’ai décidé de ne plus rester spectatrice », confie-t-elle.
Son initiative repose sur un principe simple mais efficace : collecter les déchets plastiques dans les quartiers de Bukavu, les trier, puis les transformer localement en objets utiles — pavés plastiques, mobiliers urbains, seaux ou objets décoratifs. Une économie circulaire naissante, portée à bout de bras par une jeune femme visionnaire.
Mais au-delà de l’impact écologique, Nicole Menemene mise aussi sur l’inclusion sociale. Son entreprise emploie aujourd’hui une quinzaine de jeunes, dont plusieurs femmes en situation de précarité. Elle organise aussi des séances de sensibilisation dans les écoles pour éduquer les plus jeunes à la gestion des déchets.
« Ce que Nicole fait, c’est rare ici. Elle ne se contente pas de parler, elle agit. Elle transforme le plastique, mais surtout, elle transforme des vies », témoigne un habitant du quartier Panzi.
Récompensée récemment par une organisation écologique régionale, Nicole ne compte pas s’arrêter là. Son ambition ? Étendre son modèle à d’autres villes du Sud-Kivu, créer un centre de formation pour le recyclage, et faire du déchet un moteur de développement local.
Dans un pays où les défis environnementaux sont multiples, Nicole Menemene incarne cette jeunesse congolaise qui refuse la résignation. Avec ses mains, son cœur et ses idées, elle prouve qu’un avenir plus propre est non seulement nécessaire, mais possible.
